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Cabinet de Psychothérapie Alliance

Conseils aux patients

L'injonction au bien manger : quel impact réel sur notre équilibre mental ?

Selon un titre publié par RTBF le 3 octobre, « Bien manger à tout prix: la face cachée des conseils de nutrition sur notre psychologie » prend le sujet à bras le corps.

L'injonction au bien manger : quel impact réel sur notre équilibre mental ?

Deux actualités récentes de la presse francophone se croisent cette semaine sur un terrain que nous suivons de près: le coût psychologique de l'injonction à « bien manger ».

Le cadrage est révélateur: la nutrition, qu'on évoque d'habitude en macronutriments ou en index glycémique, est ici examinée pour ce qu'elle fait à l'équilibre mental quand elle devient un impératif catégorique. Le titre seul suffit à signaler un déplacement de regard que l'on attendait dans la presse généraliste.

En face, le terrain propose un contrepoint concret. Le JSL relate une conférence tenue lundi à la salle des fêtes de Mervans, organisée par l'ESP (Équipe de soins primaire) locale avec le Dr Costet, l'aide-soignante Antoinat et le diététicien-nutritionniste Sordet. Public visé: les plus de 60 ans. Objectif affiché: comprendre comment bien manger pour bien vieillir. Trois professionnels dans la même salle, pas d'application, pas de tunnel de conversion, pas de promesse de résultats en trente jours.

Injonction contre accompagnement

Le contraste entre ces deux pièces illustre une tension qui revient régulièrement à notre bureau. D'un côté, une analyse médiatique qui interroge le poids psychologique des normes alimentaires; de l'autre, une équipe de soins primaire qui prend le temps de parler à ses patients en personne. Entre les deux, tout un écosystème d'apps, d'influenceurs et de balances connectées qui promettent d'optimiser la santé métabolique tout en ajoutant une couche d'anxiété supplémentaire au quotidien.

Pour les patients que nous accompagnons, la leçon pratique est directe: tout conseil alimentaire qui devient une source supplémentaire de stress a perdu sa valeur thérapeutique. Avant de suivre un protocole en ligne ou de s'abonner à un service de coaching, le bon réflexe reste une consultation avec un clinicien, médecin ou diététicien, capable d'adapter la recommandation au cas personnel, à l'historique médical et à l'état psychologique du moment.

Ce qu'il faut surveiller

Nous continuerons à suivre deux indicateurs dans les semaines à venir. D'abord, la manière dont les médias généralistes traitent le versant psychologique de la nutrition: jusqu'où iront-ils dans la déconstruction des injonctions, et éviteront-ils le piège inverse du « lâcher-prise alimentaire » vendu comme une nouvelle méthode miracle? Ensuite, le déploiement effectif des ESP et des équipes pluriprofessionnelles sur le terrain, seule véritable alternative à la verticalisation du conseil nutritionnel par des acteurs privés.

Pour ma part, je retiens d'abord une évidence clinique: la frontière entre soin nutritionnel et produit de consommation est plus poreuse que jamais. À chacun de nous de la maintenir du bon côté, en commençant par rappeler qu'un additif alimentaire reste un additif, qu'un effet non démontré reste non démontré, et qu'aucune appli ne remplacera jamais un dialogue humain dans un cabinet.