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Cabinet de Psychothérapie Alliance

Thérapie numérique

Instabilité de la tension artérielle : un indicateur de risque cardiovasculaire sous-estimé

Comme le rapporte E-Sante.fr, une étude présentée à l'EASD 2026 à Milan s'attaque à un angle mort du suivi tensionnel: la variabilité des mesures d'une consultation à l'autre.

Instabilité de la tension artérielle : un indicateur de risque cardiovasculaire sous-estimé

Menée par la Dre Fariba Ahmadizar (Amsterdam UMC) sur 57 611 participants de la UK Biobank, suivis en médiane 5,1 ans, elle confirme que les fluctuations répétées constituent un signal cardiovasculaire à part entière. Pour les hypertendus, et plus encore pour les diabétiques de type 2, c'est désormais l'écart répété qui pèse autant que la moyenne.

Ce que mesure vraiment le tensiomètre

La pression artérielle fluctue au gré du sommeil, des émotions, de l'activité, et même du stress de la blouse blanche. L'étude s'intéresse à un phénomène plus insidieux: l'instabilité durable d'une visite à l'autre, sur plusieurs mois. Deux patients peuvent afficher la même moyenne, avec des dispersions radicalement opposées et un pronostic qui ne l'est pas moins.

Chaque augmentation d'un écart-type de variabilité systolique s'accompagne d'un surrisque relatif de mortalité de 11 %. Pour la diastolique, l'association atteint 12 % de risque d'AVC supplémentaire. Ces pourcentages restent des estimations relatives: rien d'absolu à déduire de deux relevés posés sur la table. Ils confirment surtout que l'instabilité n'est pas un bruit de fond à ignorer.

Le duo diabète-tension qui change l'équation

Chez les participants diabétiques de type 2 présentant une forte variabilité systolique, le risque de décès a été multiplié par 2,8 par rapport aux personnes à glycémie normale avec une faible variabilité. Ce chiffre ne signifie pas que les fluctuations triplent le risque chez tout diabétique, mais il impose de regarder tension et glycémie comme un même dossier clinique. Le suivi gagne à être conjoint, pas fragmenté entre deux prises en charge qui ne se parlent pas.

Trois mesures, trois jours, et la bonne routine

La règle des trois garde toute sa pertinence: trois mesures matin et soir pendant trois jours, espacées d'une à deux minutes, dans des conditions comparables. L'automesure hors cabinet aide à débusquer l'effet blouse blanche ou l'hypertension masquée, et la MAPA sur 24 heures apporte un éclairage nocturne qu'aucune consultation ne capte. Une MAPA seule, toutefois, ne mesure pas la variabilité entre consultations espacées de plusieurs mois, celle précisément pointée par l'étude.

Aucune fluctuation répétée ne justifie de modifier une dose ou d'arrêter un traitement sans avis médical. C'est au médecin de vérifier la technique, les circonstances et l'observance. En cas de douleur thoracique, de difficulté soudaine à parler ou de faiblesse d'un côté du corps, l'appel au 15 ou au 112 reste la priorité, avant toute nouvelle mesure.