Aller au contenu
Portail d’information santé — sans consultation en lignePaiement à la livraison · expédition sous 3 à 7 jours ouvrés
Cabinet de Psychothérapie Alliance

Conseils aux patients

Hypertension : pourquoi 60 % des patients ignorent leur pathologie

D'après une étude d'Oxford Population Health portant sur la cohorte Our Future Health, près de 60 % des personnes hypertendues en Angleterre ne sont ni diagnostiquées, ni traitées.

Hypertension : pourquoi 60 % des patients ignorent leur pathologie

Le chiffre, documenté sur des mesures de tension prises en clinique entre 2022 et 2025, met en lumière l'ampleur d'un problème qualifié de « tueur silencieux » par les chercheurs. Pour le patient, le signal est sans ambiguïté: faire contrôler sa tension reste un réflexe trop souvent repoussé, y compris chez les moins de 40 ans.

Le profil qui se dessine

Sur l'ensemble des participants, plus d'un tiers (37 %) répondaient aux critères de l'Organisation mondiale de la santé pour l'hypertension, avec des écarts marqués selon l'âge: 15 % chez les 18-39 ans, jusqu'à 71 % chez les 80 ans et plus. Les hommes sont aussi concernés près d'une fois et demie plus que les femmes, avec des taux standardisés de 42 % contre 29 %. Surtout, parmi les personnes déjà sous traitement, la moitié affichait encore des valeurs supérieures à 140/90 mmHg, signe d'un contrôle insuffisant malgré la prise en charge.

Les chercheurs pointent les recommandations actuelles de NICE, qui exigent plusieurs mesures avant de confirmer le diagnostic et privilégient d'abord les changements de mode de vie. Une approche jugée trop attentiste face à un facteur de risque majeur d'accident vasculaire cérébral et de pathologie cardiaque. Wenyu Liu, statisticienne médicale et autrice principale, résume la position de l'équipe: le système actuel de détection et de prise en charge n'est pas adapté à l'ampleur du problème, qui touche quasiment toutes les catégories démographiques étudiées.

Le dépistage sort du cabinet

L'étude britannique fait écho à des initiatives concrètes sur le terrain. À Swansea, au pays de Galles, une équipe de soins primaires a mené pendant cinq mois une campagne de mesures directement dans les lieux publics: marché, centre commercial, rues passantes. Environ 300 mesures de tension ont été réalisées, et près de la moitié ont confirmé une hypertension. Les trois quarts des mesures d'IMC effectuées dans le même temps ont par ailleurs identifié un surpoids ou une obésité.

Le retour des équipes de terrain est sans détour: beaucoup de personnes interrogées ne savaient pas ce qu'était leur tension, ni même qu'il était utile de la connaître. Certaines n'avaient jamais fait contrôler leur tension, d'autres remettaient cette démarche à plus tard depuis longtemps. Un simple échange sur leurs résultats suffisait parfois à décider certains à passer le cap et à consulter leur médecin.

Ce que le patient peut faire dès maintenant

L'hypertension reste le plus souvent asymptomatique, ce qui rend la mesure régulière d'autant plus précieuse. Plusieurs leviers simples existent, validés par la pratique clinique et rappelés par les équipes de dépistage.

  • Faire prendre sa tension au moins une fois par an, en pharmacie, chez le médecin ou lors d'une campagne de proximité, surtout après 40 ans ou en cas d'antécédents familiaux cardiovasculaires.
  • En cas de lecture élevée (≥ 140/90 mmHg), ne pas se fier à une mesure unique: quelques contrôles étalés sur plusieurs jours, au repos et assis depuis quelques minutes, donnent une image plus fiable.
  • Miser sur les ajustements de mode de vie dont l'effet est documenté: réduction du sel, activité physique régulière, gestion du poids, limitation de l'alcool.
  • Si un traitement est prescrit, ne pas l'interrompre sans avis médical, même quand la tension semble normalisée: un arrêt expose à un risque de rebond et d'événement cardiovasculaire.

Le message qui ressort de ces deux terrains, recherche académique d'un côté, opération de proximité de l'autre, tient en une phrase: la prise de tension ne demande qu'un brassard et quelques minutes, mais elle continue d'être l'un des outils de prévention les plus sous-utilisés.